Federico Caprilli : l’homme qui a libéré le Cheval
- Ecole des Roys

- 9 avr.
- 3 min de lecture

Né le 8 avril 1868 à Livourne, en Italie, Federico Caprilli grandit dans une famille où le cheval était omniprésent. Très jeune, il montre un lien particulier avec les animaux, préférant l’observation attentive des mouvements naturels des chevaux à l’apprentissage strict des manuels militaires.
En tant qu’officier de cavalerie, il découvre que la position traditionnelle, trop rigide, limite les capacités des chevaux. Une anecdote célèbre raconte qu’un jour, lors d’un saut d’entraînement, son cheval, déstabilisé par sa posture classique, refuse l’obstacle. Caprilli, au lieu de le punir, se penche instinctivement vers l’avant et le cheval franchit l’obstacle avec aisance. Cette expérience marquera le début de sa révolution équestre.
Caprilli consigne ses observations et publie en 1900 son « Système de l’équitation moderne », où il prône la légèreté, la souplesse et la confiance. Il va jusqu’à observer des chevaux sauvages franchissant des obstacles dans les pâturages pour comprendre le mouvement naturel, montrant un mélange unique d’intuition et de rigueur scientifique.
Parmi ses élèves, on raconte qu’il aimait dire : « Le cheval ne fait jamais d’erreur, c’est le cavalier qui doit apprendre. » Cette philosophie, avant-gardiste à son époque, fait encore écho dans toutes les disciplines équestres modernes.
Caprilli meurt prématurément ;le 6 décembre 1907, mais son héritage perdure : chaque cavalier qui adopte la position en avant ou accompagne son cheval dans le respect de son mouvement perpétue son esprit visionnaire.
Une équitation avant Caprilli
Avant la fin du XIXe siècle, l’équitation d’obstacle était encore fortement influencée par les principes classiques hérités des manèges militaires et académiques. Le cavalier cherchait à maîtriser son cheval en restant droit, parfois rigide, en arrière de la selle lors du saut.
Cette position, bien qu’élégante dans certaines disciplines, entrait en contradiction avec le mouvement naturel du cheval. Résultat : des sauts contraints, des chevaux gênés dans leur équilibre… et parfois des chutes.

La révélation de Caprilli
Officier de cavalerie italien, Caprilli observe attentivement les chevaux en liberté franchissant des obstacles. Ce qu’il découvre est simple, mais révolutionnaire :
le cheval sait sauter naturellement, sans intervention humaine.
Plutôt que de contraindre ce mouvement, le cavalier doit l’accompagner.
C’est ainsi qu’il développe ce que l’on appelle aujourd’hui la position en équilibre, ou « en avant » :
le buste incliné vers l’avant
les mains accompagnant la bouche du cheval
un centre de gravité libéré
une totale confiance dans le mouvement
Une révolution dans l’art équestre
Ce changement de posture transforme profondément la pratique de l’obstacle. Le cheval retrouve sa liberté de mouvement, son dos peut s’arrondir, et le saut devient plus fluide, plus puissant, plus naturel.
Les principes de Caprilli sont aujourd’hui à la base de :
l’équitation de saut d’obstacles moderne
le concours complet
et même certaines approches du travail sur le plat
Chaque cavalier qui adopte une position légère, respectueuse du mouvement du cheval, perpétue sans toujours le savoir l’héritage de Caprilli.

Un héritage vivant à l’Ecole des Roys
À l’Ecole des Roys, nous défendons une équitation où tradition et compréhension du cheval se rencontrent.
Caprilli incarne parfaitement cette philosophie :non pas dominer, mais écouter.non pas imposer, mais accompagner.
Son approche fait écho aux grands maîtres comme Xénophon, qui déjà prônaient une équitation fondée sur la justesse, la légèreté et le respect du cheval.
Une leçon toujours actuelle
Plus d’un siècle après sa disparition, Caprilli nous rappelle une vérité essentielle :
le progrès en équitation ne vient pas de la contrainte, mais de la compréhension du vivant.
En observant, en ressentant, et en faisant confiance au cheval, il a ouvert la voie à une équitation plus juste — une équitation que nous continuons à transmettre aujourd’hui.






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